LA STANDARDISATION NE PASSERA PAS PAR NOUS

21.03.2017

Les premiers jours de soleil que nous avons vécus en Provence début mars n’ont pas fait le printemps, mais quel bonheur de le sentir à portée de dodo.
A cette même période, les mises en bouteilles ont recommencé et l’un des premiers vins à s’être fait emprisonné, fut le « Rosé 2016» du Domaine Les Pallières.
Depuis le millésime 2014, nous éprouvons d’énormes difficultés à obtenir l’agrément en AOP Gigondas pour cette cuvée, avec des refus temporaires, des rattrapages, des agréments de complaisance, des remarques…, tout ceci à cause de sa couleur ; pas assez soutenue, certainement trop « naturelle » aussi, pas assez « rose » non plus ; alors cette année, nous avons décidé de ne plus prêter le flanc, de tout simplement ne plus prétendre à l’appellation Gigondas et de produire un Vin de France rosé / gris / doré Au Petit Bonheur les Pallières comme nous l’aimons, comme notre Terre nous le donne, avec ses qualités, ses défauts, mais surtout son entière personnalité ; la standardisation ne passera pas par nous.

Nous avons bien sûr gardé bien vivante la philosophie mise en place derrière ce vin il y a quelques années, ainsi que les grands principes de vinification et d’élevage suivis pour sa création ; une cueillette manuelle suivie d’un pressurage direct à basse pression et d’un débourbage naturel. Pour le départ en fermentation, un pied de cuve indigène est utilisé ; la fermentation alcoolique se déroule entièrement sous bois durant plus d’un mois ; suite à quoi la fermentation malolactique se déclenche et se termine généralement durant la période d’élevage sur lie, qui bien sûr s’achève elle-même, à la mise en bouteilles.
Un cycle assez court durant lequel se marient Clairette, Grenache et Cinsault  (un tiers de chaque), dans un environnement non-interventionniste, des plus naturels, au sein duquel le raisin et son jus sont rois, et le vinificateur simple accompagnant.

Le 2016 se caractérise par une jolie couleur « pelure d’oignon », influencée par une forte présence de la Clairette apportant la touche de « dorée » qui, associée aux nuances plus « roses » des cépages rouges, nous offre ce résultat.

Le nez est salin, frais, assez discret pour l’instant, légèrement crayeux ; en bouche ce sont des sensations d’agrumes qui dominent ; c’est frais et plein à la fois. La fin est soyeuse, aérienne, légèrement anisée et assez longue, aucune amertume ne se fait remarquer ; une personnalité bien dans la lignée des millésimes précédents.